Voyager autrement
Parce qu'il est grand temps de changer nos habitudes, parce que si on le fait chez nous, pourquoi ne pas le faire ailleurs ?
Par respect pour tous ces beaux pays qui nous accueillent et qui souffrent de plus en plus des ravages de la surconsommation et du tourisme de masse.
Parce que si nous voulons encore avoir la chance de profiter des merveilles que ce monde nous offre, il faut les préserver, mais surtout les respecter.
![]() |
| Bali 2020 // Juste avant le premier confinement... |
J'ai écrit cette série d'articles il y a quelques années déjà (pendant un confinement sûrement) et je ne cache pas que mon regard a fort évolué depuis.
Cela pourrait paraitre un peu naïf de croire que de voyager "zéro déchet" serait une solution. Carrément naïf même. C'est plus un témoignage, un essai, et tant mieux s'il peut vous inspirer ou vous donner des idées...
C’est avant tout une prise de conscience.
Une réflexion sur notre façon de penser, de consommer et donc, de voyager.
![]() |
| Garder la tête hors de l'eau dans un monde qui part à la dérive... |
Face à ce système capitaliste mortifère qui détruit tout, je suis bien peu de chose et j'ai bien conscience qu'à mon échelle je ne peux pas y faire grand-chose.
Mais je ne peux pas ne rien faire non plus. Je ne veux pas être de ceux qui mettent leurs œillères pour foncer dans le mur non plus.
Chaque choix que nous faisons est politique.
C'est un des seuls leviers dont nous avons le contrôle. Un bien petit levier, qui ne pèse pas lourd dans la balance, mais c'est le mien. Celui que nous avons tous, plus ou moins.
Alors je choisis de modifier les miens, de les repenser, de les adapter...
Ça ne sauvera pas la planète (elle n'a pas besoin de nous pour ça), mais ça me permet de m'aligner un peu, un tout tout petit peu. Respecter le vivant, le plus possible, en prenant conscience de mes privilèges aussi.
| Et quel privilège nous avons de pouvoir voyager comme nous le faisons ! Ladakh 2013 - on réalise notre rêve ultime pour notre 2e voyage en Inde Et ce n'est que le début... |
Le gros de la partie ne se joue malheureusement pas dans nos cuisines et pour avoir un réel impact, pour qu'un vrai changement se joue, ce sont les grosses industries, les super-riches, les lobbys et les multinationales qui dirigent le monde qui doivent impérativement changer les règles de ce jeu dangereux.
Oui, nous vivons dans un monde malade, dirigé par des psychopathes en puissance. Sans un réel changement de système, nous continu(er)ons de nous écraser dans le mur... comme on se complait à le faire depuis bien trop longtemps déjà.
Ma colère est profonde et mon désarroi encore plus, mais ça ne m'empêche pas de toujours garder en tête :
Et si tout le monde faisait ça, ça serait bien ou pas ?
Une question toute bête mais qui remet les choses en perspective.
Une question qui aide à se positionner
![]() |
| 2019 - Voyager vers le zéro déchet, notre nouveau défi ... |
Personnellement, je me réfère plus à un mouvement qu’à une parfaite réalité. L'objectif "zéro", on est bien d'accord que cela reste un idéal bien difficile à atteindre.
Un privilège pour certains, car même si nous avons toujours le choix de ce que nous consommons, ce choix devient de plus en plus restreint à mesure que le budget l'est lui aussi (et l'éducation aussi). En avoir conscience, c'est un début.
Ça ne veut pas dire qu'il faille forcément être riche pour conscientiser ses achats, mais il faut bien avouer que ce n'est pas la priorité de nombreux foyers. Être libre, c'est pouvoir faire des choix, et dans ce monde-là, beaucoup ne l'ont pas.
Loin de réussir une vie "zéro déchet", nous essayons, du mieux que nous pouvons, de tendre un maximum dans cette direction. Ce n'est pas facile (et même de moins en moins avec l'augmentation des prix qui n'en finit pas...) mais comme je le disais, c'est avant tout une prise de conscience qui amène réflexion.
Car je pense sincèrement que ce n'est pas de voyager le problème, c'est comment.
Mais la réelle solution dans ce cas-là, ne serait-elle pas juste d'arrêter d'en produire... ?
(le palliatif de les faire payer pour se donner bonne conscience, on est bien d'accord que c'est se bercer d'illusions...)
Faire de son mieux - le 4e accord
Connaissez-vous Les Quatre Accords Toltèques, de Don Miguel Ruiz?
Si pas, je vous invite à les découvrir. C’est un petit livre de poche, très accessible et qui se lit vite. Ce livre nous explique une sorte de "code de conduite" pour notre vie de tous les jours (rien à voir avec le zéro déchet, je précise).
Le quatrième et dernier accord est : Toujours faire de son mieux
Dans une société où tout le monde (beaucoup de monde) juge et pointe (trop) souvent du doigt ce qui ne va pas, faire de son mieux - en toute honnêteté avec soi même - permet de déculpabilisé et de relativiser un peu. Ces prises de conscience font mal. On se sent vite dépassé et impuissant. #BonjourlEcoanxieté...
On fait donc de NOTRE mieux, honnêtement, en sachant que NOTRE mieux sera différent d’un jour à l’autre. Parfois, on fera moins bien mais, si c’est le mieux que l’on peut, finis l’autoflagellation.
Et là, ce n'est plus une question de privilège, c'est du bon sens.
Ne soyons donc pas trop durs avec nous même, essayons et faisons de Notre mieux.
Dans tous les cas, c’est déjà pas mal vous ne trouvez-pas ?
Première partie : Le matos
Voyager léger et zéro-déchet - le combo impossible ?
Eh oui, tous ceux qui tendent vers ce nouveau mode de consommation responsable vous le diront, il y a un paquet de trucs à toujours avoir sur soi. C'est une certaine logistique et c'est vrai que ce n'est pas toujours pratique.
Idéalement (et parce que la vie est faite d’imprévus), il faudrait toujours avoir sa panoplie "non aux emballages à usage unique" avec soi. Facile à dire... mais dans les faits, c’est autre chose.
On commence avec la base :
- Gourde
- Couverts & pailles réutilisables
- Sac(s) réutilisable(s)
- Contenants (attention, là ça devient déjà plus complexe, j’y reviens plus tard)
Quand c’est possible, on rince directement à l'eau, mais en vrai, il n’y a pas toujours de l’eau à disposition, encore moins du savon. Il faut donc, quoi qu’il arrive prévoir de quoi laver tout ce bazar.
(Comme savon, nous utilisons celui du DR. Bronner avec lequel on peut tout faire. Il nous sert de liquide vaisselle, de gel douche, de shampoing et de lessive. Pas aussi "zéro déchet" qu'un simple savon de Marseille, certes, mais beaucoup plus pratique. On fait de notre mieux et ce mieux, c’est ce produit pour l’instant)
C’est déjà pas mal, mais sincèrement, c'est loin d'être suffisant.
Prenons la gourde par exemple.
Pour boire, de l’eau, il n’y a pas mieux. Mais, soyons honnêtes, on ne boit pas que de l’eau. Café à emporter, thé, smoothies et autres jus de fruits frais sont notre quotidien en voyage. La gourde ne suffit donc pas.
Pas facile de trouver le contenant idéal ET peu encombrant !
Pas facile de trouver le contenant idéal ET peu encombrant !
Nous avions acheté de super gobelets à Bangkok (tout le monde en a là-bas). Idéal pour les jus, smoothie ou café glacé à emporter. Taille parfaite (standards thaïlandais), solides et légers.
Sauf que, une gourde + un grand gobelet qui prend tout autant de place... Oui, mais non merci.
![]() |
| Une gourde 1L + un gobelet réutilisable = beaucoup trop de de volume! |
Mais, même sur place (en Thaïlande surtout), on est jamais à l’abri de recevoir un gobelet en plastique avec couvercle, paille, et et tout...
Et puis, il n’y a rien à faire, acheter des produits "À emporter" en Asie, c’est presque inévitable. Et ce serait fort dommage de s'en priver... #StreetFood!
Dès fois, certains vendeurs ont des verres pour boire un petit jus/thé rapidement, c’est parfait, mais c’est plus rare (enfin ça dépend où, aussi - voir plus bas, la partie "Par pays")
Pour le coup, nous avons trouvé le produit miracle: Le gobelet réutilisable pliable
![]() |
| Génial non !? |
Ahh les contenants - toute une histoire en effet...
Comme vous le savez, on adore manger et on adore la street food. On adore les marchés, on adore grignoter, découvrir des nouveautés… la vie quoi ! (en Asie en tout cas, j’en parle ici!)
Dans l'idéal donc, il faut penser à prendre des contenants adaptés pour éviter toutes ces barquettes/assiettes en plastiques ou en frigolites.
On rajoute à notre liste :
- Les super gobelet pliable
- Des boites - type Tupperware
On peut même pousser le vice avec :
- des serviettes en tissus
- des tissus/emballage "cire d’abeille" (franchement, au point où on en est... Et contrairement aux pots, ça ne prend pas de place)
Là, dans le sac de tous les jours, c’est tout de suite beaucoup moins fun. Les boites prennent de la place et le tout commence à peser son poids l’air de rien.
![]() |
| Lunch Box asiatiques pour se régaler n'importe où et en toute occasions ! |
Perso, nous avons opté pour ceux-là, par personne.
![]() |
| Ici, les reste du délicieux resto de la vieille #zerogaspi aussi ! |
Mais bon, comme on vous l’a dit, on fait de notre mieux et on essaye de trouver un juste milieu.
![]() |
| L'eau - la base - et franchement avec un peu de discipline, c'est très facile ! |
On va même jusqu’à filtrer notre eau nous même.
Et ça, ce n’est vraiment pas compliqué, ça demande juste un petit investissement.
Nous avons trouvé LA solution: Le Filtre à UV Stéripen
On vous en parlait dans notre premier post au Népal (ici). C’est petit, léger (rechargeable via USB) et ça tue tout ! 99,9999 des bactéries et autres virus.
Grâce à ce petit ustensile (destiné aux voyages plus "sauvages", en mode camping, trekking au milieu de nulle part), nous pouvons utiliser l’eau du robinet partout et pour le gout, nous avons des perles de céramique en plus. Le combo ultime.
Seul point négatif, le cout : 70€ (mais quand on pense aux économies de bouteilles d’eau et à tous ces déchets évités, on n’a pas hésité)
Bon voilà, je crois que c’est tout… C’est énorme non ?!
En gros, ça nous oblige à TOUJOURS sortir avec cette panoplie.
Et donc, dans les faits, très honnêtement, on oublie souvent des trucs (parfois même volontairement) 😔
Attention toute fois à ne pas retomber dans une nouvelle forme de consommation.
Mais là, si ça peut vraiment nous aider à continuer nos efforts, pas de remords. Et pour les couverts, pas d'excuse, ça ne prend pas de place et rien que ça, je ne sais pas si vous vous en rendez compte, mais ça fait déjà une belle différence. Pensez à tous ces couverts en plastique, ces pailles... Ça va vite quand on réalise combien on en utilise, très vite !
|
|
Tout ça nous amène au point suivant. Après le "Matos" au passe au "Mental".
Car oui, c’est avant tout une question d’état d’esprits et de réflexes (surtout) aussi !
Ce fut (et ça l’est toujours, soyons franc) notre plus gros défi.
2) Avoir les bons réflexes
Eh oui, ce n’est pas tout de penser à prendre sa petite paille réutilisable avec soi, encore faut-il penser à "dégainer" à temps.
Ça parait facile, mais au début, c’est vraiment dur de ne pas oublier !
Dire à temps "Pas de paille SVP" au serveur ou vendeur de jus de fruit, c’est un vrai challenge.
Particulièrement dans la rue, où tout se passe et se prépare très vite en général.
On commande quelque chose et hop, c’est là ! Il faut donc penser avant de commander (avant d’arriver devant le stand même dès fois) à sortir son matos (paille/gobelet/pot) et de les donner/montrer directement au vendeur pendant qu’on passe commande.
Un point essentiel, sur lequel on échoue encore (trop) souvent…
![]() |
| Ça peut paraitre ridicule, mais vous n'imaginez pas la quantité de pailles que l'on peut consommer! (pailles le plus souvent emballées dans du plastique elles aussi) |
Alors honnêtement, on fait de notre mieux, mais dès fois, on part sans… La liberté de se promener sans sac, sans rien, ça fait du bien. (D’où l’importance du 4e accord pour ne pas trop se pourrir de remords)
De notre côté aussi, il ne faut pas oublier que ça en fait des années de mauvaises habitudes et de mauvais réflexes à corriger. On ne changera pas comme ça du jour au lendemain non plus. Mais on essaye et on persévère.
On trouve de nouveaux "trucs", de nouvelles façons de faire...
Et là, un des gros avantages de voyager longtemps, c'est bien le temps.
Prendre le temps de faire son café le matin, d'aller faire des courses au marché et se préparer à manger... Pouvoir loger dans des endroits pourvus de frigo, pour garder les restes du resto de la vieille (ou de ce qu'on a acheté au marché) par exemple et éviter le gaspillage, aussi.
Ce genre de choses...
Une fois qu’on est OK avec tout ça, qu’on trouve sont équilibre et qu’on chope les bons réflexes, bah ce n’est pas encore fini...
Il reste encore le troisième et dernier point —> Les autres !
Car oui, le contexte et le lieu dans lequel on est, ne va souvent pas le sens du zéro déchet (pas en 2020, pas en Asie, pas encore…)
Selon l’endroit où l’on se trouve, il faudra encore faire preuve d’adaptation. D’un pays à l’autre, c’est très différent.
Car oui, le contexte et le lieu dans lequel on est, ne va souvent pas le sens du zéro déchet (pas en 2020, pas en Asie, pas encore…)
Selon l’endroit où l’on se trouve, il faudra encore faire preuve d’adaptation. D’un pays à l’autre, c’est très différent.
![]() |
| Roulotte de street food à Bangkok... et surconsommation de plastique au pays du sourire |
3) s’adapter (et relativiser)
On vous a donc préparé un compte rendu, pour chacun des pays où nous avons été lors de ce dernier voyage.
Retour d’expérience:
- Voyager Zéros-Déchet au Népal // Presque un jeu d’enfant!
- Voyager Zéros-Déchet en Malaisie // Pas si difficile!
- Voyager Zéros-Déchet en Thaïlande // C’est là que les choses se corsent!
- Voyager Zéros-Déchet à Bali // Assez facile!
Si vous avez d'autres questions, des remarques, des suggestions...
N'hésitez pas à nous en faire part en commentaire, ça nous intéresse ! 😊
N'hésitez pas à nous en faire part en commentaire, ça nous intéresse ! 😊


















Bravo ! Au vu du bordel qu'est notre vie et son manque d'ordre...trop difficile pour nous, malgré nos efforts. Mauvaises habitudes et manque de volonté...
RépondreSupprimerMerci!! Des efforts, vous en faites déjà tellement pour aider/sauver tous les animaux là où vous êtes!!! C'est pas rien!!! Je vous aimes!
Supprimer