Carnet de voyage n°11 - Japon 2025
Si Osaka est considérée comme la cuisine du Japon, alors aujourd’hui, on vous emmène dans son garde-manger. Direction le Kuromon market, le plus grand marché alimentaire de la ville !
On part ensuite visiter quelques temples (comme toujours bien sûr) et on retourne flâner du côté de Namba, Dōtonbori et son canal.
C’est notre quatrième jour à Osaka et, nous avons beau être le plus raisonnable possible, les sous partent vite (plus vite qu’en Asie du Sud-Est, c’est certain). On part donc en mission pour aller changer nos euros contre des yens. Ce dernier dégringole, ça nous arrange bien.
En voyage, on fait toujours en sorte de partir avec le plus de cash possible. Cela nous évite pas mal de petits frais supplémentaires, mais ça demande de faire quelques recherches pour trouver les meilleurs bureaux de change.
Au Japon, ils ne courent pas les rues, mais la différence de taux de change vaut le déplacement. Bien que l’on trouve des machines à change un peu partout (station de métro, kombinis…), leur taux n’est pas du tout avantageux. 140 pour les machines contre 153 au guichet, quand même.
De plus, l’argent liquide est encore fortement plébiscité au Japon, beaucoup de commerces n’acceptent pas les cartes bancaires. Pour un pays aussi moderne, cela peut paraître étonnant (mais entre nous, ils ont bien raison).
Cette petite mission nous ramène du côté de la gare de Namba et ça tombe bien car, en chemin, on en profite pour aller découvrir le fameux marché alimentaire de la ville, le Kuromon Ichiba market.
Après les temples, c’est sans doute l’une de nos activités préférées en voyage, les marchés et tout particulièrement les marchés alimentaires. C’est toujours très animé, coloré, ultra photogénique et très instructif.
Celui-ci se déploie dans un ensemble de shōtengais (les ruelles couvertes), tout près de la sortie de métro Nippombashi. Qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, le marché ouvre bien tous les jours de 9h à 18h et ce depuis 200 ans.
Kuromon Ichiba Market
Ici vous trouverez des denrées alimentaires de première fraîcheur, essentiellement des poissons et autres crustacés (parfois très étonnants, pas toujours ragoûtants…) C’est principalement pour ces derniers que le marché est si réputé. Locaux et restaurateurs viennent s’y approvisionner, mais de plus en plus de boutiques se transforment en stands de dégustation pour touristes ces dernières années. (Sashimis, oursins, poulpes, coquillages…) On trouve aussi beaucoup de stands de boeuf wagyu et toutes ces déclinaisons.
Bref, ce n’est pas très sexy pour les végétariens ici… Contrairement aux marchés que nous connaissons, il y a peu de stands de fruits et légumes (et quasiment pas de snacks salés végé à emporter).
Le Japon met un point d’honneur à consommer des produits locaux et de saison et les stars ici,ce sont les poissons et tout ce qui provient de la mer.
Finis les étals de fruits et légumes de toutes les couleurs qui débordent de partout, on est bien loin des marchés colorés d’Asie du Sud-Est… Sur les 150 boutiques que compte le marché, seulement quelques-unes proposent des fruits et légumes en fait. (Et ceux qui proposent des fruits sont clairement axés touristes eux aussi.)
Les légumes frais se font plutôt rares. Quelques belles tomates, des choux, radis et autres racines, quelques champignons… On les retrouve plus facilement en version marinée, appelés — Tsukemono — une grande spécialité de la région du Kansaï (pour les conserver plus facilement et en profiter en toute saison justement).
Les fruits sont emballés comme de précieux bijoux. Il faut savoir qu’au Japon, ils sont considérés comme des mets délicats et il est courant d’en offrir comme cadeaux. De précieux cadeaux. Les prix sont donc assez exorbitants (on comprend mieux l’engouement des Japonais dans les marchés thaïlandais !)
Ici on trouve surtout des fraises, des melons et du raisin — tous très beaux, brillants et calibrés comme il faut (c’est même un peu flippant).
On commence avec une belle barquette de quatre grosses fraises à 800 ¥ (+- 5€). Délicieuses en effet, mais sincèrement, pas meilleures que chez nous. On est belge, les fraises, ça nous connait. C’est intéressant, car je pensais vraiment que leurs fraises allaient surpasser les nôtres… (et là je regrette de ne pas avoir testé la grosse fraise blanche à 750 ¥ à la place) (+- 4,80€ pour une seule fraise, oui).
J’opte ensuite pour un daifuku — un gros mochi fourré avec un bout de fruit frais — ici du melon vert (500 ¥ +- 3€). Wow, je n’ai jamais mangé un bout de melon aussi bon, juteux et sucré à souhait. Mélangé avec la pâte de riz qui colle bien aux doigts, c’est une dinguerie !
Il y a des machines à jus d’oranges aussi (350 ¥ +- 2€) (les jus de fruits frais thaïlandais nous manquent), je teste.
On résiste devant les croissants et autres magnifiques viennoiseries (et franchement c’est dur, car ils sont hyper appétissants).
Par contre, devant le stand d’une petite mamie qui propose des sucreries traditionnelles… Je craque.
Je prends un sakura mochi (200 ¥ +- 1,20€). Un mochi tout rose, enveloppé d’une feuille de cerisier, fourré pâte d’haricots rouges. C’est beau et mon dieu que c’est délicieux ! Il a le goût de l’odeur des fleurs de pruniers 💕 ! La texture est incroyable et le salé de la feuille de cerisier vient rehausser ce goût sucré tout doux.
Voilà, c’est officiel, le « sakura », c’est ma nouvelle saveur préférée !
(Je vous prépare un article dédié pour bien tout vous expliquer car, avec la saison d’hanami 🌸 qui commence bientôt, c’est sakura party dans tout le pays !)
En chemin, on traverse sans le savoir, le quartier geek d’Osaka — Denden Town — surnommé Gashapon Street. C’est l’équivalent du quartier d’Akihabara de Tokyo.
Les Gashapon, ce sont ces fameuses machines à boules surprises dont les Japonais (et les touristes) raffolent ! Plein de boutiques de gashapon donc, de mangas, de jeux vidéo, de DVD pour adultes aussi et tout le merchandising qui va avec…
Je prends un sakura mochi (200 ¥ +- 1,20€). Un mochi tout rose, enveloppé d’une feuille de cerisier, fourré pâte d’haricots rouges. C’est beau et mon dieu que c’est délicieux ! Il a le goût de l’odeur des fleurs de pruniers 💕 ! La texture est incroyable et le salé de la feuille de cerisier vient rehausser ce goût sucré tout doux.
Voilà, c’est officiel, le « sakura », c’est ma nouvelle saveur préférée !
(Je vous prépare un article dédié pour bien tout vous expliquer car, avec la saison d’hanami 🌸 qui commence bientôt, c’est sakura party dans tout le pays !)
En chemin, on traverse sans le savoir, le quartier geek d’Osaka — Denden Town — surnommé Gashapon Street. C’est l’équivalent du quartier d’Akihabara de Tokyo.
Les Gashapon, ce sont ces fameuses machines à boules surprises dont les Japonais (et les touristes) raffolent ! Plein de boutiques de gashapon donc, de mangas, de jeux vidéo, de DVD pour adultes aussi et tout le merchandising qui va avec…
Denden Town, un quartier très coloré (avec des pub pour sextoys géants...) ("Tenga" en haut à gauche)
On tombe sur un petit café qui propose des toasts et des sandwiches. Ils ont des options végé, c'est parfait.
Repus, on continue vers la mission du jour, un temple que Xa avait repéré sur internet et, j’avoue, il a l’air très particulier…
Namba Yasaka Jinja Shrine
Après toutes ces années, des temples, on en a vu une quantité assez faramineuse, mais celui-là est d’une telle originalité, impossible de passer à côté.
On débouche dans la cour, il y a beaucoup de monde, on comprend. Les photos ne nous ont pas menti. Le bâtiment en forme de tête de lion de 12 m de haut est vraiment impressionnant.
Le bâtiment principale et son architecture shintoïste classique, dédié à Susanoo-no-mikoto, dieu des tempêtes, et qui se fait clairement voler la vedette par...
On flâne, on admire, c’est très sympa, surtout quand le soleil est là.
Ici aussi la foule se presse devant les amulettes. C’est vraiment quelque chose de typique et on craque encore plus vite… L’homme derrière le comptoir ressemble à un sage multicentenaire. Une véritable momie vivante. Je suis sidérée.
Et là, une question se pose. Depuis que nous sommes au Japon, nous remarquons beaucoup de personnes âgées dans les rues, les commerces, les transports… Plus qu’ailleurs vraiment. D’un côté c’est très gai, car ils font toujours partie de la vie active, contrairement à chez nous où ils semblent de plus en plus invisibilisés, mais de l’autre, c’est un peu triste de les voir toujours travailler à des âges si avancés (tout dépend de quel type de boulot on parle bien entendu). Rester actif, oui, mais à quel prix ? Le font-ils pas envie ? Ou par nécessité ?
On tourne un peu autour de la gare Namba avant de remonter tranquillement vers le canal et le deuxième temple de la journée.
Hōzen-Ji
En plein cœur de la frénésie urbaine de Dōtonbori, se trouve un petit passage hors du temps — Hozenji Yokocho —, une petite allée pavée où se cache, en toute discrétion, le tout petit temple bouddhiste Hōzen-Ji.
Dans ce lieu plein de charme, on trouve une statue de Fudō Myōō entièrement recouverte de mousse.
Fudō Myōō ou Acala l'Immuable est une des représentations du grand dieu hindou Shiva. Un personnage des plus atypiques et très énigmatique que Xa et moi apprécions beaucoup. C’est vraiment fascinant de pouvoir faire tous ces liens, entre hindouisme, bouddhisme tibétain (celui que l’on connaît le plus) et maintenant bouddhisme ésotérique japonais.
Divinité courroucée à l’apparence terrifiante, entourée d’un halo de feu, on vient lui rendre hommage et lui demander protection et succès dans les affaires en l’aspergeant d’eau.
Pour terminer la journée, on flâne le long du canal en direction du quartier hipster d’Orange Street. Rien de fou fou, mis à part des magasins beaucoup trop chers pour nous. Des friperies ultra chic, du streetwear tendance et quelques magasins de meubles vintages…
On repasse dans le quartier d’Amemura, juste à côté, et qui, du coup, nous parait encore plus sympathique que la première fois. Beaucoup plus vivant et populaire, on préfère.
Le soleil descend tout doucement et les néons de Dōtonbori s’illuminent.
Le soleil descend, les lumières s'allument, la frénésie augmente et la foule se densifie !
(Vous reconnaissez le petit gros Billiken à droite ?!)
J’ai alors très envie de goûter à ces célèbres takoyakis, spécialité number one de la ville !
Ce sont des boulettes de pâte, fourrées au poulpe (tako) que nous avions découvertes en Thaïlande, en version végétarienne (avec du fromage à la place du poulpe).
Ici, ils en vendent partout, à tous les coins de rue (comme les frites à Bruxelles).
Je tente ma chance mais, c’est un fail total et je me sens un peu ridicule. Demander un takoyaki sans tako… ça le fait pas trop.
C’est frustrant, mais j’imagine qu’en Thaïlande ils s’autorisent des variantes impensables ici. (Y a qu’à voir leurs sushis… une hérésie !) 😅
Je tente ma chance mais, c’est un fail total et je me sens un peu ridicule. Demander un takoyaki sans tako… ça le fait pas trop.
C’est frustrant, mais j’imagine qu’en Thaïlande ils s’autorisent des variantes impensables ici. (Y a qu’à voir leurs sushis… une hérésie !) 😅
Après cette longue journée, on en peut plus, on meurt de faim. La foule se densifie, ça devient un peu dur à supporter. Les options végétariennes rassasiantes sont presque inexistantes ici… (On oublie les brochettes de tempuras, c’est ok pour un en-cas, pas pour un vrai repas).
Pas de yaki sans tako donc et pas envie de brochettes de légumes frits, que va-t-on bien pouvoir manger ici ?
Miracle, et merci HappyCow, un restaurant de ramen halal, propose des options vegan ! C’est vraiment un truc pour touristes (musulmans), mais peu importe, on a les crocs. C’est tout tout petit et heureusement, on arrive juste au bon moment. On commande deux bols de ramen, avec des œufs en plus et franchement, c’est très très bon.
RQ : Il existe bien un restaurant vegan qui propose des "tako-yaki" sans tako - on vous en reparle dans l'article suivant.
Des photos des favoris-tes sont imprimées sur les façades. Des looks très manga et très androgynes pour les (jeunes) hommes, très différents des standards européens… Ça change ! Il y a beaucoup de rabatteurs et pas mal de filles attendent devant les portes aussi, certaines avec même une pancarte au cou, indiquant le tarif à l’heure pour boire un verre avec elles… Hallucinant.
Officiellement, ces jeunes gens sont là pour vous divertir et vous faire boire (surtout). On parle ici de « séduction platonique ». Officieusement, on imagine plus si affinité, mais sans certitude aucune… (on a pas essayé… ;) À savoir que la prostitution est illégale au Japon. #nocoment
Encore une autre facette de la ville et de la vie — nocturne — nippone.
On termine la journée, complètement éclatés, dans les petites ruelles autour du Dōtonbori, aussi éclatées que nous. Encore une toute autre ambiance. On est loin des ruelles immaculées que l’on s’imagine du Japon. Ici c’est sale, le sol est jonché de mégots par endroits et même de pisse dans certains coins sombres…
C’est Soemoncho, le quartier des boîtes de nuit, des clubs, des love hôtels et des bars à hôtesses & gentlemen.
Attention, rien de vraiment glauque pour autant. La faune qui évolue ici est très variée et très mixte. Il y a aussi de simples restaurants et au final l’ambiance est — presque — familiale.
C’est Soemoncho, le quartier des boîtes de nuit, des clubs, des love hôtels et des bars à hôtesses & gentlemen.
Attention, rien de vraiment glauque pour autant. La faune qui évolue ici est très variée et très mixte. Il y a aussi de simples restaurants et au final l’ambiance est — presque — familiale.
Des photos des favoris-tes sont imprimées sur les façades. Des looks très manga et très androgynes pour les (jeunes) hommes, très différents des standards européens… Ça change ! Il y a beaucoup de rabatteurs et pas mal de filles attendent devant les portes aussi, certaines avec même une pancarte au cou, indiquant le tarif à l’heure pour boire un verre avec elles… Hallucinant.
Officiellement, ces jeunes gens sont là pour vous divertir et vous faire boire (surtout). On parle ici de « séduction platonique ». Officieusement, on imagine plus si affinité, mais sans certitude aucune… (on a pas essayé… ;) À savoir que la prostitution est illégale au Japon. #nocoment
Encore une autre facette de la ville et de la vie — nocturne — nippone.
L’architecture est très hétéroclite, les néons mettent de l’ambiance et cette dernière n’est vraiment pas désagréable et toujours photogénique.
On remonte dans le métro. On a froid, on est morts crevés, mais on a — encore — passé une super journée à Osaka !
On remonte dans le métro. On a froid, on est morts crevés, mais on a — encore — passé une super journée à Osaka !
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