mercredi 17 janvier 2024

JAIPUR - La magnifique poussiéreuse

 
Carnet de voyage n°10 - Inde 2023

 
 
Namaste!

Après la mythique et mystique Varanasi, nous embarquons dans le train de l’enfer à destination du plus emblématique (et touristique) état du pays, le Rajasthan.

Nous posons bagages dans sa célèbre capitale, Jaipur, la ville rose.

 


INFO:  Article "live" de notre 10e voyage en Asie,  d'octobre 2023 à avril 2024  - Version Brute -
(tel qu'envoyé le jour même où nous y étions)   Ici, notre 7e étape à Jaipur, en Inde
 

Nous ne connaissions que deux villes de cet état, alors on s’est dit que ce serait sympa d’en découvrir une autre. 

C’est aussi, logistiquement plus facile aussi, car depuis Varanasi (dans l’état de l’Uttar Pradesh), il n’y pas de train jusque Pushkar, notre prochaine destination après Jaïpur.

La bonne excuse pour visiter cette énorme ville, dont nous avions tant entendu parler!
 
 
L'une des imposantes portes d'entrée de la vieille ville
Ça donne tout de suite le ton!

 
Mais quelle aventure pour y arriver... Ah, les joies des transports indiens. 🙈
 
C’est pourtant en connaissance de cause que nous avions expressément choisi une classe supérieur en 2AC (on vous l’a dit, finis les galère pour 5€). Mais alors là… 

Je crois bien que ce trajet fut l’un des plus atroces de toute notre vie. Rien de grave, je vous rassure, mais très, très désagréable. 

17h de train, de nuit, avec les pires voisins de monde. L’impolitesse et la grossièreté à son paroxysme. Je ne sais même pas comment l’expliquer et au final hein… ça ne vaut pas le coup. C’était dur, on a pris sur nous et on a même réussi à dormir quelques heures. 
 
La magie avec les Indiens, c’est que, même entre eux, ils peuvent se traiter comme des chiens galeux et 5min après, tout est oublié. 

Ils ont cette incroyable capacité à passer à autre chose. Un pouvoir, à nos yeux, presque surnaturel !

Venir en Inde, c’est apprendre que ce qui a de l’importance pour certains n’en a aucune pour d’autres. Que nous avons tous différentes priorités et que ce qui peut nous paraître évident, logique, indiscutable même, eh bien, ne l’est pas toujours pour les autres… 

C’est probablement le point le plus perturbant quand on voyage dans cet énorme pays. Ce qui est bien, ce qui est mal, ce qui est juste… de simples concepts aux multiples variations. 
 
Et vous allez voir que nos quelques jours à Jaipur n’ont pas dérogé à cette règle, bien au contraire.
 
 
Rester zen...
Le calme (tout relatif) après la tempête...

 
Au Rajasthan, les villes ont des couleurs, Jodphur la bleue, Udaipur la blanche, Jaisalmer la jaune et enfin, Jaipur la rose. 
 
Chacune à ses raisons et pour cette dernière, c’est en grande partie suite à la visite, en 1878, du Prince Albert (le mari de la reine Victoria, alors Impératrice des Indes britanniques), que la ville avait été repeinte (un bon ravalement de façade, c’est toujours plus présentable pour satisfaire l’élite...) 
 
Depuis, et parce que la favorite du Maharaja de l’époque, Sawai Ram Singh, aimait beaucoup cette couleur - symbole de l’hospitalité - c’est devenu une obligation/tradition que de la garder. Cela lui confère un certain cachet et crée une belle harmonie dans le chaos ambiant.
 
Couleur particulièrement sublimée au coucher du soleil, on apprécie.
 
 
Dans la vieille ville de Jaipur, au couché du soleil.

Que serait une ville indienne sans ses singes (assortis aux couleurs de la ville svp)
 
 
Pour ces quelques jours à Jaipur (et parce que c’était Noël 😉), nous nous sommes autorisé encore un peu plus de confort. 

On a carrément upgradé le niveau : Niveau palace de maharaja !

Nous y sommes restés trois jours et trois nuits. Entre poussière infernale et luxe abordable.

De la poussière, oui et beaucoup de pollution, une véritable horreur. Pourtant, les grosses villes animées et polluées, on connait bien, mais là, notre niveau de tolérance à très vite été atteint.

On se remercie encore plus d’avoir choisi de faire cette petite folie, car quand on vous dit «niveau maharaja», c’était littéralement le cas.
 

Bienvenue !

Nous avons trouvé une chambre, que dis-je, une suite (!), au très agréable et ravissant Bissau Palace.

La famille qui vivait ici (et qui y vit toujours d’ailleurs, mais dans une plus petite partie) est de lignée royale, en lien direct donc avec le Maharaja de la ville.

Cette petite folie nous a couté 80€/nuits. 

Pour ce prix-là, c’est dans les anciens appartements de la grand-mère qui « avait besoin d’espace » je cite, que nous nous sommes installés.

Une chambre plus grande que notre appartement en Belgique, avec du beau mobilier, dans un style un peu vieillot/colonial. De nombreuses fenêtres donnant sur la cour et le jardin (un jardin oui), avec le petit déjeuner inclus en plus.

Franchement, quand on voit à quoi on a droit à ce prix là en Europe, on n’a pas hésité trop longtemps et on ne l’a pas regretté une seconde!


Un véritable petit havre de paix cet hôtel, au milieu du capharnaüm de la ville.

Royal on vous dit (et confortable!)
Avec même une fontaine intérieure!
 
L'Hôtel Bissau Palace
 
 
À l’image du pays, Jaipur nous a fait passer d’un extrême à l’autre. Jouant avec nos nerfs et nos émotions comme seule l’Inde peut le faire.

Désespérément sale, extrêmement poussiéreuse, remplie de vieux temples oubliés et d’impressionnants palais relatant son glorieux et fastueux passé.

On est passé d’émerveillement en désenchantement. 
Et vice versa.
 
D’un coin de rue à l’autre, d’une visite à la suivante… Un coup c’était merveilleux, un coup c’était « mais qu’est-ce que c’est que ce truc? » 

Les gens pouvaient être tout à fait charmants ou excessivement agaçants (toujours dans les endroits très touristiques et Jaipur est très touristique). 

Je sais qu’écrit comme ça, ça parait juste tout à fait normal. Les contrastes sont fort en Inde mais ici, c’est tellement l’un ou l’autre, on ne trouve pas le juste milieu, la balance…  C’est magnifique, horrible, grandiose, nul.  

C’est tout ou rien.


Le smog de Jaipur à midi, depuis le chemin menant au fort Nahargarh.
Irrespirable

Et sur nos photos, j'avoue, ça reste toujours plutôt sympa...

Tant de trésors architecturaux laissés à l’abandon et dans un état de délabrement d’une grande tristesse.

Même pour les plus connus. Quel dommage…

On peut comprendre que ce ne soit pas la priorité des gens qui vivent ici. Ils ne voient pas les choses de la même manière que nous, touristes en manque de photos à prendre. 

(Et entendons-nous bien, quand je dis que c'est dommage, je parle ici des familles qui ont les moyens et des plus hautes instances chargées du patrimoine. Il est évident que les gens qui n’ont rien n’ont que faire de ces vieux temples et de ces vieilles maisons…)

Ceci étant dit, on ne peut s’empêcher de trouver cela fort triste.

Restaurer et entretenir correctement tout ces trésors pourrait fournir tellement d’emplois! Cela ajouterait tellement de valeur (touristique) à la ville. Ce serait, au final, plus agréable pour tout le monde non? 

Oui mais, qui payerait ...? 
 
 
Des trésors qui tombent doucement en ruine...

Dans les petites cours cachées
De vieux temples oubliés...

En fin de compte, comme je l’écrivais dans l’article précédent sur Varanasi, tout change, se transforme, évolue, disparait, renait… 

Des atouts, Jaipur en cache de précieux dans sa poche, pas besoin de plus. 

Quoi que...

Nos avis sur la ville sont très mitigés (et pas que les nôtres à en lire certaines critiques sur internet).

Prenons le City Palace de la ville par exemple. Il serait le palais le plus cher et le moins intéressant à visiter de toutes les autres villes du Rajasthan. 

(On aurait du les lire les, nombreuses, critiques sur internet avant. Celui de Bundi, qui ne figure pourtant pas sur la liste des "incontournables" du Rajasthan, nous à laissé une bien meilleure impression).




Le Palais du Maharaja de la ville est immense c'est vrai. Mais beaucoup de parties sont interdites...

Pour accéder à ce beau bâtiment (celui sur la photo) 
c'est 4000 INR/p (un peu plus de 40€(!) en plus du pris d'entrée de 700 INR (presque 8€). Et vous n'aurez accès qu'a quelques pièces supplémentaires dans le bâtiment. 

Nous avons trouvé ça plutôt scandaleux. (Pas de payer un petit supplément, pourquoi pas, mais 40€, c'est énorme!)

Un autre exemple qui ne nous à pas aidé à apprécier les lieux :

Dans une des cours, il y a un petit musée. Compris dans le prix du ticket lui. Un musée sur les textiles en plus, trop bien. Il est surement très intéressant, mais je dis "surement" car nous n'avons rien pu voir.  

Une fois dedans, nous étions les uns contre les autres. C'était irrespirable. Alors, bien tristement, on a fuit comme a pu... 

Des expériences qui n'aident pas vraiment si l'on veut rester objectif.


Bon, il y quand même quelques très, très belles portes!

Deviendrait-on vraiment trop difficiles?
Sans doute un petit peu...


Après le palais, on découvre l’illustre et remarquable Palais des Vents - Hawa Mahal.  

C'est l’emblème de Jaipur, celui que l’on voit partout et qui fait la fierté de la ville. Eh bien, lui aussi nous a laissés fortement perplexes. 

La façade extérieure est incroyable, unique. Certains disent être déçus car ils l'imaginent bien plus grande. Nous, elle nous a clairement fait de l'effet. C'est sublime! 
 
Mais dès que l’on pénètre à l’intérieur (pour 200 INR), bah... Ça ne casse pas trois pattes à un canard (pour reprendre l’expression préférée du blogueur de WorldWilBrice que j’aime beaucoup lire 😉) 

C’est vide, c’est sale, ça tombe doucement en ruine, sans que personne ne s’en émeuve… à part nous une fois encore.


Le Hawa Mahal - "l'une des merveilles de l'architecture rajpoute" pour citer Wikipédia
et là y a pas à dire, ça claque!


Côté face
Côté pile

Je tiens à préciser que ce n'est pas que l'autre côté est moche, ou qu'il aurait dû être tout aussi grandiose que l'avant mais, c'est surtout le manque d'entretiens et la crasse qui ne se voit pas vraiment sur les photos qui gâche l'ensemble. (et oui 200 roupies indienne ce n'est rien pour nous autres occidentaux, mais on est en Inde, ne l'oublions pas. Et 200 roupies foi des milliers... à la fin de la semaine, ça va quoi)

Un petit coup de balais par ici, un coup de peinture par là... Ça changerait tout!

Je ne vous parle même pas du fort Nahargarh que nous avons - vite fait pas bien fait - aperçu en se trompant d’itinéraire. Lamentable. (Oui le mot est dur, mais c’est sincèrement ce que nous en avons pensé).

Alors franchement, on est peut-être un peu blasés et c’est vrai que nous avons déjà vu tant de merveilles. Mais quand même, en toute objectivité (le plus possible promis), le prix des entrées n’est clairement pas toujours justifié et, surtout, le peu de moyens mis en œuvre pour préserver ces trésors est désolant. 

Où va donc tout cet argent? Pas là où il devrait aller en tout cas, c’est certain.


Un Maharaja bien trop gourmand ?
 

Notre plus belle surprise fut la découverte des mausolées des maharajas de la ville. 

On se promenait vers le lac Man Sagar quand nous somme tombé dessus pas hasard.

Un enchantement cet endroit!

Ici, contrairement au reste (c'est important de le préciser), on ne s’attendait à rien et on n’a (presque) rien payé (50 INR - dérisoire). C'est ce genre de décalage qu'on ne comprend pas toujours... 

700 INR pour le Palais du Maharaja, en Inde, c'est beaucoup. En général, le prix max pour les touristes étrangers est de 500 INR. Pour visiter les grottes d'Ellora par exemple, classé patrimoine de l'UNESCO "d'une valeur universelle exceptionnelle" (contrairement au Palais), c'est 600 INR... On passe vraiment du simple au double, du tout au rien.

Olala, mais ces mausolées, quel enchentement!
 
 
Les mausolées, un décors féerique!

Hyper phootgéniques

Des détails impressionnants!
Et ces tourelles! 😍

Avec tout ça, on est arrivé au lac tout juste au bon moment pour la belle lumière de fin de journée. 

L’animation battait son plein, avec un marché plein de babioles colorées, des petites choses à grignoter et plein de photographes avec des costumes traditionnels, pour prendre la pose devant le Jal Mahal, le palais sur l'eau.

Une autre belle et très agréable surprise!
 
 


On a visité le marché aux fleurs aussi, que je ne pouvais pas rater. 
 
Un bien étrange moment en ce tout début de journée, entre l’émerveillement de voir toutes ces fleurs fraichement coupées, leur délicieux parfum et la désagréable impression de déranger… 

Surtout dans la partie des fruits et légumes où ça se bouscule beaucoup. Les gens travaillent dur, les femmes surtout (elles portent des dizaines de kilos sur la tête!) et on comprend tout à fait que de voir deux gringos débarqués et prendre des photos peut en contrarier plus d’un.e. malgré tous les efforts pour être le plus discret et respectueux possible. 
 
Des moments qui jouent pas mal sur notre moral et donc notre façon d’appréhender les choses aussi.


Les œillets indiens! La fleur la plus répandue dans tout le pays!

Les roses aussi, très importantes!
Le marché des fruits et légumes

 
En parlant marchés, c'est en fin de journée que l'animation bat son plein dans les bazars de la ville. 
 
L’occasion pour beaucoup de femmes (qui restent toujours bien minoritaire dans la rue), de sortir de chez elles et de faire des emplettes. 

Les Indiennes sont très coquettes. Oui, même si elles ne sortent pas beaucoup. Ce sont d'ailleurs souvent celles qui sortent le moins qui sont les plus coquettes!
 
 
Fin de journée dans les bazars animés de Jaipur - L'heure de femmes!

Bracelets de haut du bras
Céréales et légumineuses en vrac
 
 
Quand on vous disait qu’on passait d’un état à l’autre, de déceptions en émerveillement, de scepticisme en enchantement…

Nous avons beaucoup marché, essentiellement, et le contraste aussi entre points d’intérêts touristiques et vie de tous les jours est très troublant.

Le faste d’antan mélangé avec son flot de touristes plus ou moins fortunés et la vie du quotidien tout autour, brut et sans filtre.

C'est ça l'Inde.
 
 
Stands de street food dans la vieille ville

Vendeur ambulant, motorisé!

 
Et dans la série des contrastes, pour se consoler un peu (oh j’exagère), nous nous sommes fait particulièrement plaisir en allant manger dans des restos un peu, beaucoup plus chic que d’habitude! (pour aller avec le standing de notre chambre 😏)

Nous avons ainsi savouré un délicieux thalis rajasthani de chez Rajasthani Thali, nous avons testé quelques desserts originaux et surprenants dont un truc absolument de fou, tout crémeux, mais dont je ne trouve aucune information... et des pizzas sur le toit du Basil&Olive le soir de Noël! 
 

Le super truc en Inde avec les thalis, c'est qu'on vous ressert à volonté!

Assortiment de douceurs chez Govindam
Dessert indescriptiblement délicieux!

 


Pas si évident à écrire cet article. Entre comment on l'a vécu sur le moment, la prise de recul après et le temps qui s'écoule entre-temps... 

Car il s'en est déjà passé bien des choses à l'heure où je clôture enfin cet article. (Articles de plus en plus longs j'ai l'impression? Ça vous va ou c'est trop?) Car c'est sure que je ne m'aide pas non plus... 😅


Allé, la suite (que j'espère faire plus rapidement, merci les longs trajets en trains!) toujours dans le Rajasthan, à Pushkar!



>>> La suite à Pushkar, par ici! >>>




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3 commentaires:

  1. Les gens, toujours les gens ! Peut etre est ce pour cela que je ne bouge plus ! Mais,tu le sais depuis longtemps ! Tel nous !!

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  2. Ha j'avais les nerfs quand tu m avais raconté cette aventure en train! Comme ton papa, je ne pourrais pas non plus! Ducoup merci de visiter pour nous lol car les photos font déconnecter ! C est tjrs aussi beau même si je trouve cette partie moins peps...

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