Nous connaissons tous la noix de muscade. Une épice au goût prononcé, entre le poivre et la cannelle, qui relève la saveur de nombreux plats de chez nous. Un goût très particulier, qu’il m’est difficile de décrire. Chaleureux, très subtilement piquant, ni vraiment salé, ni sucré… et que j'affectionne tout particulièrement.
La Malaisie est justement l'un des principaux pays producteurs de cette précieuse épice.
Mais avez-vous déjà entendu parler de son fruit ?
Ça se passe plus précisément (et presque exclusivement) sur l’île de Penang, où pousse le muscadier et où son fruit est devenu une véritable spécialité locale !
Le fruit du muscadier ressemble à une petite pomme (ou un gros abricot), avec un précieux et très joli noyau !
C'est en déambulant dans les rues de George Town, ville principale de l'île, que nous avons eu la chance de faire cette surprenante découverte !
Un des seuls endroits (si ce n'est, le seul !) où vous pourrez déguster une des boissons les plus étonnantes qu'il nous ait été donné d'essayer : le jus de muscade.
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| George Town, destination gastronomique de premier choix ! |
Le muscadier (Myristica fragrans) est un arbre originaire de l’Indonésie voisine (premier producteur mondial), et plus précisément de l’île de Banda. Cette île fait partie de l’archipel des Moluques, aussi connu sous le nom "d’îles des épices"!
Des produits si communs aujourd’hui, mais si précieux à l’époque !
Ce sont principalement les marchands arabes qui rapportèrent les épices d’Orient et les firent découvrir à l’Occident au Moyen-Âge.
Considérées presque au même titre que l'or et les pierres précieuses, ces denrées rares, auxquelles on prêtait de multiples vertus, devinrent des produits de luxe particulièrement recherchés !
Le commerce des épices possède une histoire extrêmement ancienne et s'est développé progressivement à travers de vastes réseaux reliant l'Asie, le Moyen-Orient et l'Europe. À l'époque, les super stars étaient le poivre (grand favori!), la cannelle et les fruits du cassier (Surtout utilisé en médecine, c’est aussi la fleur nationale de Thaïlande aujourd’hui).
La noix de muscade était déjà connue en Europe au Moyen Âge, mais son origine resta longtemps mystérieuse. Ce n'est qu'au début du XVIe siècle que les Portugais atteignirent les îles Banda, d'où elle provenait, et ce n'est qu'au XIXe que sa culture va se propager hors Asie.
RQ : À très forte dose, la noix de muscade peut être toxique. (Et contrairement au jus, vous trouverez beaucoup d'articles sur ce sujet-là).
Aujourd'hui, la noix de muscade est cultivée en Indonésie, en Malaisie, au Sri Lanka, à Madagascar et aux Antilles.
La noix de muscade est le noyau du fruit du muscadier.
Ce fruit ressemble à une belle grosse noix, ou même à un abricot bien dodu ! Vert tendre, la muscade vire vers le jaune à maturité et s’ouvre en deux pour laisser s’échapper son précieux noyau. Celui-ci est enrobé d’une membrane (l'arille) très particulière, d’un beau rouge vif, appelée macis.
Le macis est également utilisé en cuisine (au Maroc, ils l'utilisent en infusion par exemple), son goût est plus délicat. Et c’est à l’intérieur du noyau que se cache la petite noix de muscade telle que nous la connaissons.
Le noyau et le macis (soigneusement détachée du noyau) sont donc mis à sécher au soleil avant d’être importés aux quatre coins du monde.
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| Les muscades fraîches ! |
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| Ici les noyaux (contenant la précieuse noix) sans et avec le macis (appelé aussi "fleur de muscade") |
Et le fruit dans tout ça ?
C’est presque à croire qu’il n’est pas comestible, car on n’en entend jamais parler !
Et pourtant, sur l’île de Penang, au nord de la Malaisie, on en trouve un peu partout et sous diverses formes. En pickles et même parfois dans certains plats, mais aussi et surtout, on en fait du jus et du sirop.
A George Town, c’est au ChowRasta Market que l’on trouve tous les produits dérivés ainsi que des fruits frais du muscadier. C’est d’ailleurs le lieu le plus populaire en ville, si on veut en trouver.
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| Pickles de toutes sortes et de muscades ! |
On en revient donc à ce fameux jus de muscade !
Vous pensez bien, moi qui adore la noix, je n’allais pas passer à côté de cette occasion — presque unique — de pouvoir gouter au jus de son fruit !
Une spécialités très spéciale — et ce dans tous les sens du terme — car on n’en trouve pas ailleurs...
En effet, il semblerait bien que Penang soit l’un des (très) rares endroits où l’on consomme ce breuvage.
Cependant, je dis "presque", car certains ont l’air de dire qu’on en trouverait aussi en Indonésie, et — entre nous — ça me parait même évident, mais c'est un sujet sur lequel on ne trouve aucune info malheureusement.
Certains le détestent, mais moi, perso, j’ai ADORÉ.
C'était le premier jour de notre arrivée à George Town, nous sommes allés manger chez Yun Shan Ge (un des très nombreux restaurants végétariens de l’île), et je suis tombé sur les mots "Nutmeg Ice-tea" dans le menu.
Je l’ai reçu sous forme de sirop donc (reconnaissable à sa couleur plus brunâtre, voire rosée des fois) avec une touche de citron. Très frais, au goût subtil, mais bien présent.
Quelle merveilleuse révélation gustative !
Mmmm... 😋
Par la suite, j’ai découvert le vrai jus frais de muscade, dans la célèbre, très touristique et ravissante Armenian Street.
Une dame en a fait sa spécialité et franchement, c’est de loin le meilleur que j’ai goûté. Comme quoi, les endroits touristiques ne sont pas toujours à éviter et les saveurs n’y sont pas toujours affadies...
Le jus frais est blanc/jaune laiteux et pour le faire, rien de plus simple.
On met les fruits dans la centrifugeuse (les coques donc, avec la chair et la peau, appelées péricarpes). Puis on mixe avec de la glace, on rajoute un peu de sucre et, le plus étonnant, une prune salée*! Celle-ci va sublimer et rehausser les saveurs de la muscade.
La première gorgée est assez étonnante, avec un petit côté astringent et très très légèrement salé (à cause de la prune) et puis, au plus on boit, au plus c’est bon !
En plus d'être délicieux, c'est surtout extrêmement rafraichissant.
Pour ce qui est de la préparation préalable des fruits, je n'ai malheureusement trouvé aucune information précise. Peut-être trempent-elles juste dans de l'eau pour éviter qu'elles se déshydratent trop vite ? Je n'ai trouvé aucune information précise.
*Les prunes salées, appelées Umeboshi, sont un aliment traditionnel du Japon, aussi fort utilisées en cuisine chinoise. Après un processus de macération (avec du sel et des feuilles de shiso), elles peuvent se conserver très longtemps. Elles apportent une saveur fort acidulée et légèrement salée aux plats et seraient excellentes pour la santé.
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| Le fameux jus de l'Armenian Street, fraîchement mixé devant vous ! |
Par la suite, j’en ai commandé partout où il y en avait (c’est pour ça que je me permets de dire que le meilleur jus est celui de la petite échoppe dans l’Armenian street!). Le plus souvent d’ailleurs ce n’est pas du vrai jus, mais du sirop. Selon les dosages, il sera parfois bien trop sucré, ce qui est dommage.
Certains bars l’utilisent aussi pour faire des mocktails rafraîchissants et originaux.
À tous ceux qui projettent d'aller en Malaisie, et plus précisément sur l'île de Penang (une destination immanquable, surtout pour les gourmands !), je ne peux que vous conseiller de goûter au moins une fois à ce jus si spécial et si unique.
Et si parmi vous, quelqu'un connaît un autre endroit dans le monde où il est possible de déguster un bon jus frais de muscade, surtout faites-le nous savoir dans les commentaires ! 😛
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Mercii..je ne connaissais pas, bien sur !
RépondreSupprimerhéhé, bah ouais 😜
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