lundi 9 avril 2012

Petit tour de Gangtok

Aux portes de l'Himalaya 💛


Nous avons franchi la frontière du Sikkim (Denzong) à la nuit tombée et nous voilà partis à la découverte de sa petite capitale, Gangtok. 

Gangtok, c'est la seule ville "importante" de cet état montagneux, ancien royaume bouddhiste tibétain resté longtemps coupé du monde. Il fut rattaché à l'Inde en 1975 et doucement ouvert aux étrangers dans les années 80 seulement. 

Aujourd'hui encore un permis "spécial Sikkim" est demandé pour entrer sur ce territoire. (Permis gratuit, que nous avons obtenu en même temps que nos visas indiens à l'ambassade de Bruxelles).

S’élevant entre 1400 m et 1700 m d'altitude, entourés de sommets enneigés et de vallées verdoyantes, nous respirons enfin du bon air !


 31 100 hab. environ
en couleur, les lieux que nous avons visité


Info: article "compte rendu" écrit après notre tout premier voyage en Inde, en 2011


On a donc pris un peu de hauteur et l'on découvre un tout autre décor, une toute nouvelle végétation. Il fait aussi beaucoup plus frais, voire carrément froid la nuit ! 😬


Ce sont nos premiers pas en terrain bouddhiste,
nos tout premiers pas dans l'Himalaya !



Les temples hindous sont remplacés par les monastères (Gompa) de style tibétain, les guirlandes de fleurs par les drapeaux à prières... L'ambiance est toute autre, les gens un peu différents aussi.

Le Sikkim, c'est l'État le moins peuplé de l'Inde. Les habitants sont des Bhutias (Tibet), des Lepchas (Extrême-Orient) et la majorité aujourd'hui est d'origine népalaise, d'où les différences visibles de faciès.

D'une manière générale, les Sikkimais ont un sourire doux et particulièrement chaleureux qui vous réchauffe le cœur et ça fait du bien !
 

pays des petits pandas roux et des orchidées sauvages
le Damovar Ropeway

 
Le trafic de Gangtok ne nous impressionne guère. "Un capharnaüm insensé" d'après le Routard

Certes, il y a pas mal de voitures qui arpentent les "montagnes russes" de la ville, mais tout ça nous semble normal, sans excès.

La grosse différence, c'est qu'il n'y a plus un seul auto-rickshaw. Ici, ce sont surtout des jeeps et des micro-vans qui circulent. Il y a même un petit téléphérique.
 

Arrivés dans la nuit

 
La grisaille est au rendez-vous et le sera malheureusement les cinq jours que nous passerons à Gangtok. 😥

À défaut de beau temps, nous en avons passé pas mal dans le petit resto du Modern Central Lodge. Les gars qui tiennent ce lieu sont très sympas et de bons conseils. 

On se réchauffe avec leurs savoureuses Tenduk (soupes de pâtes aux légumes), ou autour d'un bon chaï, au beurre 
 
On y rencontre aussi d'autres voyageurs, ce qui ne nous était pas encore arrivé (à part le groupe de Norvégiens à Silliguri), et c'est très sympathique.
 

Le centre-ville de Gangtok

L'avenue piétonne (et touristique) de la ville et quelle vue! 😅

Tea time au  Modern Central Logde

 
À la recherche de parcs pour se balader hors bitume, nous avons, sans le savoir, atteint le haut de la ville.

Devant nous l'entrée d'un monastère

Une grille, s'ouvrant sur une allée bordée de drapeaux et de moulins à prières...

Il s'agit du Monastère d'Enchey — Enchey Gompa.

Après notre entraînement (intensif) aux sculptures des temples hindous en Odisha, il faut s'adapter à ce nouveau décor, très différent. 

On est complètement paumé (!) mais comme c'est beau ! C'est très coloré, pas kitsch et si paisible surtout...





Enchey Gompa  - le bâtiment principal (1909)


Nous sommes tombés ensuite sur un autre monastère, plus moderne et sans intérêt historique. 

Le Sera Jeh Dro-Phen-Ling Gompa.

On y découvre un joli Chorten (Stupa), entouré de myriades de drapeaux à prières et d'inscriptions mystérieuses gravées dans les pierres... 

Avec en prime une vue magnifique. (Enfin elle aurait pu l'être s'il n'y avait pas tout ces nuages !)

Un moine chante à l'intérieur, c'est très beau, très impressionnant !



L'entrée du Sera Jeh Dro-Phen-Ling Gompa
 
 
Gangtok City n'est pas très jolie. 

Un enchainement d'hôtels "modernes-moches", les uns contres les autres, tous de plus en plus haut.

Il y a une grande avenue piétonne dans le centre — Mahatma Gandhi Marg —, l'endroit idéal pour trouver de quoi manger et faire du shopping touristique. Il y est interdit de fumer, comme beaucoup d'endroits au Sikkim d'ailleurs.  

Ici, fini les curiosités de trottoir, fini les gargotes de rue et autres roulottes à fritures... 

Ce sont principalement des restaurants "chic" pour Indiens de classe moyenne, très nombreux à visiter le Sikkim.


Mahatma Gandhi Marg.

 

Pour faire ses emplettes et décourvrir un peu plus la vie locale, il y a le Lal-Market.

C'est LE maxi Carrefour du coin. Un marché couvert, sur plusieurs étages de béton. 

C'est un peu glauque, ça sent fort le poisson séché et — échoppes de saris mis à part — tout est assez laid (en toute subjectivité bien entendu)... 

Néanmoins, c'est un lieu important pour les habitants de Gangtok. Ils y ont leurs habitudes et c'est toujours intéressant d'apprendre comment ça se passe du côté des locaux.

Niveau culinaire, on est complètement largués ! C'est comme se retrouver dans un grand magasin asiatique puissance 10, où beaucoup de choses comestibles n'en ont pas l'air, encore moins l'odeur (!)

Par contre, en ce qui concerne les textiles, je m'y retrouve enfin, entre les saris, les tuniques "punjabies" et les tailleurs qui vous confectionnent toutes ces tenues sur-mesure. 

Magasin de saris

 
 
Pour être honnêtes, on est un peu déçus de ne rien trouver de plus "typique", de plus "local" niveau artisanat sikkimais...

Nous nous mettons donc en route pour le Decorate of Handicraft Handloom, où, parait-il, l'artisanat local serait remis à l'honneur. Il sert aussi à la réinsertion de jeunes dans les métiers manuels. 

C'est pas beau ça ?!

Bah franchement, non, pas vraiment... 

Ce n'est pas de l'artisanat local, mais de l'esclavage moderne au profit du pétrole et du mauvais gout.

Heureusement, pour se consoler, il abrite un petit musée, digne d'intérêt lui, avec enfin du vrai artisanat. Preuve qu'il existe (a existé) en tout cas. 

On est très perplexe.... quel gâchis. Pourquoi ? Parce que les Indiens "middle-class" préfèrent les horribles oursons rose fluo ? Sans doute. Dommage...



Le mini musée du Decorate of Handicraft Handloom

 
Faute d'indications, nous avons mis la journée à chercher le Namgyal Institute of Tibetology. 

Mais ça en valait vraiment la peine !

Il abrite un petit, mais très beau musée également, rempli de merveilles tibétaines, fort bien conservées et très intrigantes pour les néophytes que nous sommes.


Namgyal Institute of Tibetology

 
Pas très loin se trouve le Do Drul Chorten.

Un gigantesque Stupa (Chorten en tibétain), entouré des bâtiments modernes réservés aux moines qui vivent et étudient là-bas.

Nous sommes arrivés justes à temps pour la cérémonie de fin d'après-midi. Un moment auditif extrêmement impressionnant !!
 

Do Drul Chorten (1945) - entouré de 108 moulins à prières


 
Pour finir notre séjour en beauté et dans la mesure où la grisaille semble ne pas vouloir quitter le ciel, nous sommes allés nous faire une toile !

Depuis qu'on est en Inde, on hésite. 

Ici, il y a deux salles de cinéma et l'une d'elles passe justement "Patiala House", un film qui nous tente beaucoup et dont on entend la musique partout depuis qu'on est dans ce pays.

Direction donc le Vajra Cinema, pour la séance de 15h. 

Trois heures de pur bonheur !     
 
                           
Le Vajra cinema

 

Le jour de notre départ, le soleil se montre enfin ! #frustration

Le trajet sera beau et lumineux pour quitter la capitale vers l'ouest et rejoindre Pelling.



Du ciel bleu, enfin, après cinq jours de gros nuages opaques...

Namasté Sainte Marie !

 








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